"Trains intercités : un rapport aux constats importants et aux réponses insatisfaisantes" par Marietta KARAMANLI

mardi 2 juin 2015

Le rapport dit "Duron" du nom du Président de la commission qui l’a élaborée fait le constat que de nombreuses ligne des Trains d’équilibre du territoire (Intercités ou encore les trains dits anciennement « Corail ») ne répondent plus aux besoins d’aujourd’hui.
Les observations faites sont celles d’une dégradation de l’offre par insuffisance d’investissement depuis de nombreuses années sur les lignes et dans les matériels, d’une adaptation très limitée au regard des besoins nouveaux, d’un affaiblissement du trafic corollaire, d’un coût élevé pour la collectivité au regard notamment du nombre de passagers transportés.
Je pense utile que le Parlement puisse débattre de l’enjeu du transport ferroviaire.
De plus, le rapport me paraît devoir être complété d’une analyse plus fine des besoins. Si la fréquentation est faible c’est peut-être aussi que les horaires, les liaisons et connexions sont peu adaptées, que les incertitudes sur les possibles pannes et retards conduisent les possibles usagers à choisir des modes alternatifs
S’agissant de la ligne Caen-Le Mans-Tours je considère qu’aucune modification ne peut intervenir sans un projet de redéveloppement de la ligne tenant compte des besoins réels et potentiels.
Par ailleurs, je regrette que rien ne soit dit sur les liaisons Intercités ou trains d’équilibre du territoire qui pourraient être mises en œuvre sur certaines liaisons et notamment entre Le Mans et Paris où il n’existe plus de trains directs (ou quasi-directs), les usagers n’y ont en effet que le choix qu’entre des TGV souvent très chers et des TER très longs et réservés à la clientèle qui, pour une large part, ne peut pas se payer le TGV.
Tous ces points méritent discussion. Il faut que l’ensemble des acteurs, l’Etat, les régions (celles issues de la nouvelle carte régionale), la SNCF bien évidemment mais aussi les usagers puissent participer et contribuer à une réelle analyse des besoins et pour les trois premiers à des choix budgétaires et financiers qui favorisent la mobilité notamment de proximité mais en disant précisément qui financera.
Je reste et serai attentive à ce dossier.

Observations de Marietta KARAMANLI sur le rapport dit « DURON »

(Ce rapport est celui d’une commission comprenant des parlementaires de diverses sensibilités (majorité et opposition)
Le rapport dit « DURON » fait un certain nombre de constats et de propositions concernant les trains dit d’équilibre du territoire (TET) ou Intercités et donc à vocation nationale et régionale.
Les constats sont ceux d’une dégradation de l’offre par insuffisance d’investissement depuis de nombreuses années sur les lignes et dans les matériels, d’une adaptation très limitée au regard des besoins nouveaux, d’un affaiblissement du trafic corollaire, d’un coût élevé pour la collectivité au regard notamment du nombre de passagers transportés.
Je note que le même Philippe DURON avait dans un précédent rapport préconisé la fin du « tout TGV » la priorité donnée pendant de nombreuses années à ce mode n’étant, selon moi, pas sans relation avec l’absence de modernisation d’un réseau classique qui transporte et devrait transporter encore plus de passagers.
Les propositions sont celles d’une commission qui ne prend pas de décisions mais donne un avis.
Mes observations sont les suivantes
D’une part, je pense utile que le Parlement puisse débatte de l’enjeu du transport ferroviaire et que les collectivités territoriales compétentes en l’espèce les Régions et notamment celles qui seront issues des fusions puissent se saisir de cet enjeu.
D’autre part, en l’état si on lit la fiche (page 69 du rapport) relative à la ligne Caen-Le Mans-Tours, celui-ci indique « L’analyse des flux de la ligne conduit la commission à préconiser une reprise du trafic par les futures grandes régions Normandie, Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire, sans besoin d’ajout de trains régionaux, et la coordination des dessertes TER pour les flux inter-régionaux. Un autocar de bout-en-bout effectuant un arrêt au Mans pourrait compléter cette desserte TER ». Il s’agirait donc d’une reprise par les collectivités territoriales au titre des TER.
De plus, le rapport me paraît devoir être complété d’une analyse plus fine des besoins. Si la fréquentation est faible c’est peut-être aussi que les horaires, les liaisons et connexions sont peu adaptées, que les incertitudes sur les possibles pannes et retards conduisent les possibles usagers à choisir des modes alternatifs
S’agissant de la ligne Caen-Le Mans-Tours je considère qu’aucune modification ne peut intervenir sans un projet de redéveloppement de la ligne tenant compte des besoins réels et potentiels.
Par ailleurs, rien n’est dit sur les liaisons Intercités ou trains d’équilibre du territoire qui pourraient être mis en œuvre sur certaines liaisons. En effet et pour ne prendre que cet exemple, il n’existe plus de trains directs (ou quasi-directs) entre Le Mans et Paris, les usagers n’ont le choix qu’entre des TGV souvent très chers et des TER très longs et réservés à la clientèle qui, pour une large part, ne peut pas se payer le TGV.
Pour ces raisons je rejoins et souscris à l’analyse faite par Jacques AUXIETTE, de constats partagés mais de conclusions divergentes.
Il y a des solutions à inventer. Je suis favorable à une réelle analyse des besoins et à des choix budgétaires et financiers qui favorisent la mobilité notamment de proximité en disant précisément qui financera.
Je suis par ailleurs favorable à la définition de schémas interrégionaux de transport qui permettraient une meilleure articulation des priorités au niveau des régions en lien avec la stratégie nationale de l’Etat.