« Garantir la Laïcité à l’école » Marietta KARAMANLI écrit au Ministre de l’Education Nationale

lundi 25 février 2008

Les récentes déclarations du Président de la République à l’occasion de son allocation à ROME le 20 décembre 2007 font naître de légitimes inquiétudes pour l’avenir quant au respect du principe de laïcité à l’école publique.

Le Président de la République a donné lors de cette intervention une (sa) vision des origines historiques de la France en indiquant que ses origines « sont essentiellement chrétiennes » et expliquant qu’ « une morale dépourvue de lien avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité ».
Faisant cela, il laisse entendre que la morale laïque, ne se suffit pas à elle-même.

Un tel propos, mais peut-être l’ignore t’il, réengage le fond même du débat sur l’école laïque. Les fondateurs de l’école laïque ont en effet unanimement considéré qu’à l’école publique « cette morale, non seulement, est bonne , non seulement est saine mais qu’elle est suffisante » (Ferdinand BUISSON, Chambre des Députés, séance du 26 janvier 1903). Comme cet éminent philosophe et politique l’a mieux exprimé que quiconque « Cet enseignement moral porte la claire notion du devoir, des idées de justice et de bonté, l’habitude de la réflexion, la culture de la conscience, l’amour du travail, le sentiment des droits de l’homme et de la dignité humaine€¦ ». Comme il l’a dit « dans cette éducation morale distribuée sous forme purement laïque par l’école Républicaine nous ne serions consentir à reconnaître une sorte de morale au rabais ».

C’est la raison qui m’ a amenée à demander au Ministre de l’Education Nationale de bien vouloir affirmer et rappeler notamment à l’attention des centaines de milliers d’enseignants et des millions de familles attachés à la laïcité que la République entend garantir ce principe fondamental selon lequel elle a d’abord besoin d’une éducation morale laïque donnée par les enseignants du public .
Comme je lui ai écrit « Je souhaite aussi que leur travail et leurs généreux efforts dans cette mission, auxquels on en rend pas suffisamment justice, soient mieux reconnus, y compris symboliquement ». Je lui ai demandé de prendre des initiatives dans ce sens.