Questions d’actualité : Marietta KARAMANLI conteste la politique éducative du gouvernement qui va supprimer en 2009 13 500 emplois d’enseignants !

mercredi 5 novembre 2008

Lors des questions au Gouvernement le 21 octobre dernier, Marietta KARAMANLI a interpellé le ministre de l’éducation sur sa politique qui consiste à diminuer systématiquement les moyens en faveur de l’Ecole de la République, de l’Ecole Publique.
Dans l’enseignement primaire et secondaire ce sont 13 500 emplois qui vont disparaître en 2009 , ce chiffre s’ajoutant aux 11 000 suppressions de 2008 ! De plus les enfants en difficultés voient disparaître 3000 postes d’enseignants spécialisés (RASED) qui les accompagnaient.
Retrouvez le texte de sa question et la réponse du Ministre qui « assume » cette régression sans précédent contre l’avenir de nos enfants

Questions au Gouvernement

M. le président. L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.
Éducation

M. le président. La parole est à Mme Marietta Karamanli, pour le groupe SRC.

Mme Marietta Karamanli. Monsieur le ministre de l’éducation nationale, dimanche dernier, 80 000 personnes se sont mobilisées dans les rues de Paris pour défendre l’école publique, l’école de la République.

M. Yves Nicolin. Ils étaient 39 000 !

Mme Marietta Karamanli. Elles entendaient ainsi dénoncer pour 2009 un nouveau budget de régression pour l’école.

Alors que l’école publique devrait être une ambition et un investissement, elle est devenue une variable d’ajustement de la politique budgétaire du Gouvernement. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

Dans le projet de budget pour 2009, ce sont 6 000 emplois d’enseignants du premier degré qui sont supprimés par différence entre les recrutements et les départs en retraite. Dans le même budget, la décision est affichée de « redéployer » les réseaux d’aide aux enfants en difficultés, ce qui revient, concrètement, à les fermer. Ce sont, là encore, 3 000 enseignants spécialisés qui quitteront une mission fondamentale. Toujours dans le même budget, dans le secondaire cette fois, ce sont 8 300 emplois qui sont supprimés.

Au total, 13 500 emplois vont disparaître, ce chiffre s’ajoutant aux 11 000 suppressions de l’année passée. Sans oublier l’annonce de 900 postes à supprimer dans l’enseignement supérieur, une première depuis quinze ans !

Dans un contexte où nous allons tous payer un plan de sauvetage des banques, où il n’est pas garanti que l’argent public ne soit pas utilisé indirectement à récompenser ceux qui ne le méritent pas, vous ne pouvez, monsieur le ministre, vous contenter de prôner la seule rigueur des finances au détriment du plus grand nombre.

Ma question est simple : réfléchissez-vous à la possibilité de ne pas céder à la seule politique que vous connaissez, à savoir supprimer des emplois qualifiés, baisser les crédits de personnels affectés à la formation de nos enfants, nécessaires pour continuer à faire de notre pays un État puissant par sa matière première et ultime, et gager ainsi l’avenir de la jeunesse ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

M. le président. La parole est à M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale.

M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale. Madame la députée, vous évoquez la manifestation de dimanche.

M. Patrick Roy. Elle a raison !

M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale. J’ai vu en effet défiler 32 000 personnes (Exclamations sur les bancs du groupe SRC),représentant le monde syndical, la gauche et des associations liées au parti socialiste. Comme dans tous les congrès du parti socialiste, je les ai entendu dire du mal des autres, mais pas faire beaucoup de propositions, et en particulier je ne les ai pas entendues beaucoup parler des élèves. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC. €“ Protestations sur les bancs du groupe SRC.)

S’il était vrai que, comme vous nous le serinez à longueur de séances, la question du système éducatif est d’ordre quantitatif, nous serions les meilleurs du monde puisque nous dépensons, rien que pour le lycée, 22 % de plus par lycéen que la moyenne européenne.

M. Henri Emmanuelli. Et dans les collèges ?

M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale. Nous investissons 60 milliards d’euros pour l’école. Cessez de faire croire que parce que, dans un lycée, on sera 101 professeurs plutôt que 99 ou 100, le système scolaire sera subitement différent.

J’assume les réformes parce que je les crois nécessaires. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)

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Retrouvez la question de Marietta KARAMANLI et la réponse du ministre de l’Education sur le site de l’Assemblée Nationale à partir du lien suivant
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009/20090027.asp#INTER_0