Marietta KARAMANLI "Pour un développement durable, il est nécessaire de lutter contre les consommations inutiles et ne pas s’en remettre aux seules grandes entreprises capitalistes pour lesquelles, il faut, selon le mot de KEYNES que -ça paye !-"

dimanche 23 mars 2008

En décembre dernier, Marietta KARAMANLI participait à COULAINES à une rencontre organisée par la fédération de la SARTHE du PS sur le thème du développement durable.
A cette occasion, elle précisait son point de vue sur les outils à mettre en Å“uvre pour limiter les consommations inutiles et donc garantir un développement durable.
Au delà de la nécessaire prise de conscience des individus, il appartient aux politiques de faire prévaloir une vision qui garantisse un avenir « sain » aux générations futures. Cela passe par des lois, par des taxes et des incitations financières. Brève présentation.

Je souhaite vous livrer trois courtes réflexions l’une philosophique, l’autre économique et la dernière est psychologique et toutes sont politiques.
Elle complèteront je pense ce qui a été dit et discuté.

La première est philosophique.

Le thème de l’environnement naturel à respecter est étroitement lié à l’idée d’égalité.
Dans l’Antiquité grecque, il y a 2500 ans, certains philosophes ont vu dans les équilibres naturels le fondement même de l’égalité sociale€¦ c’est parce que le ciel et la terre sont des biens commun que les hommes sont égaux entre eux.
Cette référence n’est pas qu’anecdotique car cette idée même fonde la nécessité de mener simultanément une politique qui lie ces deux objectifs : préserver ce qui est commun et en faire profiter tous.

Ma deuxième réflexion est économique.

Le libéralisme économique et la grande entreprise capitaliste sont aveugles : c’est KEYNES qui disait le critère de l’entreprise privée c’est que « Ã§a paye » !
Je le cite « nous détruisons la beauté des campagnes parce que les splendeurs de la nature, n’étant la propriété de personne, n’ont aucune valeur économique. Nous serions capables d’éteindre le soleil et les étoiles parce qu’ils ne rapportent aucune dividende ».
Autrement dit si gaspiller et polluer font gagner de l’argent, les entreprises gaspilleront et pollueront. Si demain gérer au mieux et dépolluer font gagner de l’argent les entreprises le feront.
Le capitalisme n’est pas socialement responsable.
Robert REICH qui fut l’un des conseillers économiques de CLINTON disait que dans le monde des entreprises financières « le court terme dure toujours ». Il citait une entreprise « verte » ( BP compagnie pétrolière) se vantant d’être pro-environnement.
Il rappelait que dans le même temps cette entreprise n’avait investi ni dans ses pipelines pour prévenir les fuites ni dans les énergies alternatives.
Il concluait « Ce n’est que de la communication » et ajoutait « Et nous ne passons pas les lois qui la contraindraient à respecter l’environnement ».
Selon moi dans ces conditions et face à l’absence de conscience, il appartient aux politiques de faire prévaloir une vision de l’avenir qui garantisse un avenir « sain » aux générations futures.
Cela passe par des lois, par des taxes et des incitations financières.
Je ne prendrai qu’un exemple celui de la ville durable : réduire la consommation d’énergie n’est pas qu’une question d’isolation et d’écoquartiers, c’est un problème d’urbanisme.
La plus value foncière nous pousse à transformer le plus d’espaces agricoles en espaces urbains tandis que la hausse des terrains repousse plus loin ceux qui veulent acheter.
Face à cela, on doit, me semble t’il, utiliser davantage l’outil fiscal et l ’investissement public pour favoriser un habitat proche, agréable et distribué autour de transports cohérents et multi modaux nécessaires aux déplacements.
Ce n’est pas toujours facile d’être entendu quand on évoque ces idées : lors de ma première campagne cantonale, j’avais plaidé (et je continue) de plaider pour un projet « train tram ».
Le candidat de Droite avait placardé de grandes affiches dénonçant la candidate du tram « Le Mans €“ Alençon »€¦

Ma troisième réflexion est d’ordre psychologique

On met l’accent sur la responsabilité du citoyen comme consommateur et c’est bien.
Mais il s’agit là d’un citoyen « situé » c’est-à-dire conditionné.
En Europe, les dépenses de publicité commerciale s’élèvent à plus de 100 milliards d’euros par an.
Aux Etats unis, elles atteignent 250 milliards de dollars par an.
Ces dépense ont pour finalité de faire de nous des consommateurs manipulés qui consomment toujours et toujours plus€¦
Face à cette situation, il y a lieu de promouvoir un imaginaire collectif et citoyen qui ne soit pas marchand et consommateur mais bien populaire et innovateur.

Marietta KARAMANLI