Marietta KARAMANLI était, jeudi 18 juin 2015, l’invitée de la chaîne LCI -TF1 à propos de la crise Grecque.

vendredi 19 juin 2015

Invitée de la chaîne LCI -TF1, j’ai eu l’occasion de rappeler mon analyse.
La crise grecque dure depuis sept ans et les négociations piétinent depuis presque six mois. La Grèce reste fondamentalement dans la situation d’une personne endettée à qui ses créanciers demandent de payer mais qui a besoin de relancer sa croissance pour aller mieux. Près de sept ans après le début de la crise, la GRECE a fait beaucoup d’efforts mais la dette reste un fardeau. Parallèlement les maux dont souffre la Grèce restent présents et ont pu être renforcés par la politique menée. La qualité des services au public n’est pas au rendez-vous. Cette situation appelle des compromis et des contrats nouveaux en interne et au sein de l’Union.
Côté Grec, le gouvernement Tsipras considère qu’il a déjà abandonné une partie de son programme et qu’il ne peut faire plus sur les mesures demandées par l’UE et le FMI : le déficit du budget ; la réforme des retraites. De plus, le discours Grec reste fondé sur une défense de la Grèce qui ne serait que malmenée par le reste de l’Europe.
Côté Allemand, le gouvernement ne veut pas entendre parler d’un allègement de la dette.
Si tout le monde est d’accord pour dire que la Grèce ne remboursera pas toutes ses dettes, il y a une difficulté à traduire « politiquement » le sujet dans un nouvel accord.
Sans accord entre les deux parties, "une crise de la dette gérable" deviendrait probablement "une crise incontrôlable, avec des risques importants pour le système bancaire et la stabilité financière".
Il semble que certains ne voient d’autre solution que d’arriver à un défaut de paiement.
C’est la solution à la Chypriote.
Dans ce cas, les autres gouvernements pourraient demander à Athènes d’imposer un contrôle des capitaux et des limitations aux retraits des guichets bancaires. Les banques devraient alors rester fermées quelques jours.
Si le gouvernement grec refuse, le système financier grec sera « isolé » de l’Eurosystème.
Autrement dit, on coupera l’accès à la liquidité d’urgence des banques grecques.
Les banques grecques risquent la faillite mais celle-ci serait garantie par les déposants de plus de 100.000 euros.
Les créanciers miseraient sur la peur de la sortie de la zone € pour obtenir un accord.
En effet une Grèce hors de la zone euro pourrait connaître
- une inflation galopante,
- une nouvelle récession
- une baisse spectaculaire des niveaux de revenu,
Et
- une augmentation tout aussi rapide du chômage,
…cela revenant à un effondrement de tout ce que l’économie grecque a atteint depuis son adhésion à l’UE…
Les deux parties doivent, me semble, faire preuve de plus de souplesse.
Le gouvernement grec devrait reconnaître les progrès que constituent l’abaissement des objectifs d’excédent primaire accepté par l’UE et le FMI (c’est à dire le solde positif entre les recettes et les dépenses avant paiement des intérêts de la dette) et faire considérer qu’il a besoin d’un temps nécessaire pour son ajustement budgétaire et d’un peu de liberté supplémentaire dans la conduite de la politique budgétaire.
De leur côté les créanciers devraient réaffirmer et formuler en des termes plus précis leur volonté d’octroyer à la Grèce un allègement de sa dette publique "comme initialement prévu" en 2012.
Le pragmatisme devrait, lui aussi, l’emporter :
- la baisse des taux d’intérêt,
- l’allongement de la durée des prêts
ou encore
- l’échange de dettes pour des obligations adossées à la croissance grecque
...sont des solutions possibles.