Marietta KARAMANLI interroge le ministre de la défense sur l’engagement français en AFGHANISTAN

lundi 1er novembre 2010

Dans une question écrite parue au Journal Officiel le 7 septembre 2010, j’ai interrogé le ministre Français des affaires étrangères sur la situation en AFGHANISTAN et la présence de troupes françaises. De nombreuses voix s’élèvent dans le monde s’inquiétant de l’inefficacité de la stratégie militaire américaine à laquelle participent des forces armées françaises. J’ai notamment pris pour référence l’analyse d’un haut responsable de l’organisation des Nations-unies dans ce pays, diplomate des États unis d’Amérique qui ne voit aucune issue positive dans la façon dont l’intervention est menée dans le contexte d’affaiblissement de l’Etat sur place€¦ Lors de la révision de la Constitution en 2008, j’avais fait valoir que l’article 13 du projet modifiant l’article 35 de la Constitution et disposant que « le Gouvernement informe le Parlement de toute intervention des forces armées à l’extérieur€¦Cette information donne lieu à débat qui n’est suivi d’aucun vote », posait question. Je notais qu’au Royaume Uni, l’extension des pouvoirs du Parlement avant toute intervention armée y était alors en cours de discussion et le Premier Ministre de l’époque
y avait donné un accord de principe . On évoquait l’institution d’une information préalable des membres des comités spécialisés et un vote après la décision ! Je prenais l’exemple des Etats-Unis où on fait valoir pour justifier le vote du Congrès sur l’envoi de troupes que la Président ne dépend pas des Représentants du dit congrès€¦Je regrettais qu’ici, en France, le Parlement ne soit pas associé en amont et ne vote pas après sauf prolongation de l’intervention (je rappelais alors que les grandes opérations de la première guerre du Golf n’avaient pas duré plus de deux mois). La prolongation ayant été déjà décidée, aucun débat n’a été depuis organis逦

Question publiée au JO le : 07/09/2010 page : 9565

Texte de la question

Mme Marietta Karamanli attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur l’engagement militaire de notre pays en Afghanistan.
Selon les propos recueillis par un hebdomadaire français auprès d’un ancien haut responsable de l’organisation des Nations-unies dans ce pays, diplomate des États unis d’Amérique, l’intervention militaire de nombreux États dans ce pays serait, en l’état, vouée à l’échec.
En effet, selon lui, la stratégie des États unis d’Amérique sur place aurait varié, passant de l’élimination des foyers militaires religieux radicaux, hostiles, à leur isolement vis-à-vis de la société civile sans néanmoins pouvoir compter sur le relais de l’État afghan, et ce du fait d’une corruption importante, d’une armée locale infiltrée par ses ennemis et d’une police incapable de faire face aux enjeux de sécurité. Par ailleurs, des objectifs plus réalistes devraient être fixés : protection des régions du nord, sécurisation de la capitale où vivent quatre millions d’habitants, et travail de renseignement antiterroriste efficace.
Elle lui demande si, au vu de ces observations, le dispositif de présence militaire ne paraît pas inadapté comme le suggère cet ancien responsable évoquant une possible réduction de plus de 80 % du dispositif militaire. Elle lui demande ce que le Gouvernement français pense de cette analyse et comment notre pays pèse sur les orientations des forces étrangères présentes dans le sens de mesures de protection des populations civiles, de lutte efficace contre le terrorisme et d’une réduction globale du dispositif militaire avec un retrait des forces françaises engagées.

Texte de la réponse...à venir