Marietta KARAMANLI "L’emploi des jeunes en Europe : oui à des moyens de l’Union qui ne soient pas conditionnés à l’intervention d’autres financeurs ; oui à des objectifs quantifiés pour vérifier leur mise en oeuvre"

jeudi 25 juillet 2013

Le 3 juillet dernier, je suis intervenue lors de la réunion de la commission des affaires européennes qui recevait le ministre en charge des affaires européennes.
J’ai interrogé celui-ci sur les mesures en faveur de l’emploi des jeunes.
Comme je l’ai rappelé le taux de chômage des jeunes en Europe est plus du double de celui de l’ensemble de la population (23% contre un peu moins de 10 % ) et encore ce n’est qu’une moyenne ( par exemple le taux de chômage des jeunes est de 62 % en Grèce !).
De plus les emplois disponibles pour eux sont globalement moins stables.
Si je me suis félicitée des initiatives du gouvernement français pour que des moyens significatifs y soient consacrés, j’ai interrogé le ministre sur la façon dont les 6 milliards d’‚¬ d’ores et déjà prévus seront utilisés en partenariat avec d’autres collectivités (ce qui voudrait dire que les autres collectivités devraient aussi payer).
J’ai souhaité savoir aussi si des objectifs chiffrés d’emplois aidés ou créés avaient été fixés.
Le ministre, dans sa réponse générale, a noté que les régions participeraient et qu’une partie des crédits serait de l’emploi exclusif des Etats et ce pour lutter contre le chômage contre les zones les plus touchées.
Selon moi, des précisions devront encore être apportées pour que l’utilisation des moyens ne soit pas "limitée" par une participation conditionnelle financière d’autres collectivités contributrices (plus difficile à trouver en période de contraintes budgétaires).
De plus des cibles en termes de nombres d’emplois créés ou aidés ou de formations qualifiantes devraient être déterminées ce qui faciliterait le suivi de l’exécution des mesures prises.
Je reste mobilisée sur cette question importante.

Commission des affaires européennes, mercredi 3 juillet 2013
17 heures
I. Audition, conjointe avec la Commission des affaires étrangères, de M. Thierry Repentin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes

Mme Marietta Karamanli.

Commission des affaires européennes
mercredi 3 juillet 2013
17 heures
Compte rendu n° 77
Présidence de Mme Danielle Auroi Présidente et de Mme Elisabeth Guigou Présidente de la Commission des affaires étrangères
I. Audition, conjointe avec la Commission des affaires étrangères, de M. Thierry Repentin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes

Mme Marietta Karamanli.

Le taux de chômage des jeunes Européens est deux fois plus élevé que celui des autres classes d’âge puisque, au deuxième trimestre de 2012, il était de 22,7 % contre 9,2 %. au deuxième trimestre de 2012, il était de 22,7 % contre 9,2 %.

La probabilité de trouver un emploi, pour un jeune chômeur, est encore faible, ces emplois étant de surcroît moins stables que ceux des adultes.

J’ajoute que 55 % des « décrocheurs » scolaires sont au chômage.

Plus préoccupant encore : le phénomène de résignation s’accroît puisque 12,4 % des jeunes inactifs n’ont pas cherché d’emplois au deuxième trimestre de 2012.
Au mois de février, le Gouvernement français €“ qu’il faut féliciter d’avoir été à l’origine de ce sommet européen €“ avait demandé une hausse de 40 % des dépenses dédiées à la croissance auxquels s’ajoutent donc les 6 milliards qui ont été débloqués.
Ces crédits seront-ils conditionnés à l’utilisation d’autres financements publics de l’État et des collectivités, ce qui, dans le contexte budgétaire que l’on connaît, serait problématique ?
Un objectif chiffré du nombre de jeunes concerné par ce plan a-t-il été fixé ?

...

...la région a toujours été, pour les politiques européennes, la circonscription de référence, et il en est également ainsi dans le cas de l’initiative pour l’emploi des jeunes.

Cependant, une part des fonds disponibles, correspondant à 10 % du total, sera laissée à la disposition des autorités nationales pour répondre à des cas particuliers, comme la prise en compte de poches de pauvreté situées dans des régions riches.

Pour autant, cela ne doit pas empêcher la région d’intervenir elle-même dans ces zones de façon plus marquée. L’Union européenne peut venir en appui, mais elle n’a pas à se substituer à une solidarité bien pensée, y compris à l’échelle régionale.