« Négociations de l’Union Européenne avec la SERBIE et le MONTENEGRO, la question migratoire importante et présente, la nécessaire solidarité » par Marietta KARAMANLI

samedi 26 mars 2016

Le 8 mars 2016, je suis intervenue en commission des affaires européennes pour faire part de mes interrogations aux députés, Danielle AUROI et Didier QUENTIN, qui revenaient d’une mission en Serbie et Monténégro, mission qui avait pour objet les négociations d’adhésion de ces pays à l’Union européenne, sur le sentiment des responsables de ces deux Etats face à la crise migratoire qui touche l’ensemble de l’Europe et en particulier les Etats des Balkans confrontés au « transit » de nombreux réfugiés venant entre autres de Turquie et cherchant à gagner le Nord de l’Europe.
J’ai souhaité savoir si ce sujet faisait partie des préoccupations du moment et comment les deux Etats voyaient leurs places et leurs rôles alors même que plusieurs Etats membres comme ceux du groupe de Visegrad composé de la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, et la Slovaquie refusent toute solidarité en la matière. A priori ces Etats sont dans une attitude a priori plus ouverte.

Commission des affaires européennes, mardi 8 mars 2016, 17 heures, Compte rendu n° 262, Présidence de Mme Danielle Auroi Présidente
I. Communication de la Présidente Danielle Auroi sur la mission en Serbie et au Monténégro du 1er au 5 mars 2016

Mme Marietta Karamanli.

En Serbie et au Monténégro, pays de transit, comment la question des migrants est-elle perçue ? Quelle est, plus précisément, leur position quant à une relocalisation, au prorata de leur population et de leurs capacités ? Les États membres récents de l’Union européenne ont malheureusement pris position contre la relocalisation. Cette question a-t-elle été posée durant votre mission et quelles réponses ont été apportées ?

La Présidente Danielle Auroi.

La Serbie et le Monténégro ont tout à fait conscience d’être des pays de transit et n’ont pas envie de devenir autre chose. Néanmoins, si l’Union européenne manifeste une volonté politique commune de relocalisation, ils sont déterminés à se montrer loyaux : pour l’amélioration des hotspots et la constitution de couloirs sécurisés, ils sont prêts à jouer le jeu.
Ils sont bien plus conscients du drame des réfugiés que ne le sont les pays du groupe de Visegrád. Et je souhaiterais que nous suivions leur exemple dans notre façon d’accueillir les réfugiés à Calais ; ce serait déjà plus humain.
Leur sincérité se mesurera lorsqu’ils seront directement confrontés à une crise. Tant que les problèmes restent théoriques, tout se passe bien ; lorsque la réalité se fait plus difficile, les choses deviennent différentes. Mais nos interlocuteurs ont reconnu que la Grèce était dans une situation impossible et qu’ils ne voulaient pas la laisser seule dans cette affaire.

M. Didier Quentin.

Nous avons senti, parmi les Serbes, une nostalgie très nette de la Yougoslavie.
Nous avons aussi ressenti – même si cela a été exprimé courtoisement –, que la France n’avait peut-être pas été à la hauteur de l’amour qu’ils lui portent. Le monument en l’honneur de notre pays, sur lequel est inscrit : « Aimons la France comme elle nous a aimés », en souvenir de nos combats communs de la Première Guerre mondiale, est d’ailleurs un peu défraichi ; il faudrait songer à le restaurer.
Les Serbes ont également le sentiment d’être victimes de « deux poids, deux mesures ».
Enfin, en qualité d’ancien président du Conservatoire du littoral, je rejoins M. Verchère à propos de la question du littoral : les bouches de Kotor et les autres sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO ne doivent pas être massacrés, bétonnés. Nous avons recommandé à notre ambassadrice à Podgorica de prendre contact avec le Conservatoire du littoral.