Pourquoi j’ai voté contre la prolongation de l’intervention des forcées armées Françaises en AFGHANISTAN par Marietta KARAMANLI

samedi 18 octobre 2008

Des familles de soldats, des anciens combattants et bien sà»r des citoyens soucieux de la politique étrangère de la France m’ont interrogée sur mon vote à l’Assemblée Nationale concernant l’intervention de la France en AFGHANISTAN. Je leur ai donné les raisons de mon vote contre la prolongation la participation de nos forces armées, peu moins de 3000 hommes, aux opérations engagées.
Voici les principaux extraits du courrier expliquant ma position.
Je les ai accompagnés d’informations récentes me paraissant confirmer le bien fondé de mon propos.

En ce qui concerne la nature de l’engagement Français, le candidat Nicolas Sarkozy s’était prononcé en avril 2007 pour un retrait des soldats français d’Afghanistan précisant "Il était certainement utile qu’on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive" (Emission A vous de juger", sur France 2).

En mars 2008 le président Nicolas Sarkozy, alors qu’il était en visite au Royaume Uni, a déclaré que la France enverrait de nouvelles troupes en Afghanistan dans le cadre de la mission de l’OTAN, indiquant « la défaite nous est interdite ».

Cette situation a appelé alors de ma part trois observations :

- l’engagement des soldats Français est aujourd’hui plus grand en nombre et plus fort en opérations,

- cette décision a été prise sans consultation initiale du Parlement,
consultation qui aurait été possible sans modification de la Constitution,

- les opérations qui prenaient leur place dans le cadre d’une intervention des Nations unies en faveur du rétablissement de l’Etat sont devenues progressivement des opérations de contre-guerilla sous drapeau de l’Otan.

Cela m’a amenée dès avril 2008, à déposer avec les députés du groupe socialiste, radical et citoyen auquel j’appartiens à l’Assemblée Nationale une motion de censure du Gouvernement sur ce sujet.

A l’occasion nous avions dénoncé une dérive
« Deux décisions majeures : l’une sur l’engagement de nos forces en Afghanistan, l’autre sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Chacun ici, au-delà de sa sensibilité politique, ne peut nier l’importance de ces choix, ne peut contester les changements d’orientation qu’ils annoncent. Chacun mesure la portée, sur notre politique étrangère comme sur notre stratégie de défense, de tels choix. Il ne s’agit pas d’une inflexion, d’une correction. Il s’agit bien d’une double rupture : rupture dans l’usage de nos forces en Afghanistan, rupture dans le consensus sur l’OTAN établi dans notre pays depuis 1966 ».

Plus récemment, en septembre notre groupe a posé des conditions au maintien de nos forces en AFGHANISTAN autour de cinq objectifs :

- une meilleure répartition des responsabilités au sein de la coalition,

- un élargissement de cette dernière,

- la relance d’un dialogue politique entre Afghans pour chercher des solutions durables et mettre l’accent sur la reconstruction civile,

- une clarification avec le Pakistan,

- enfin l’établissement d’un calendrier sur les nouveaux objectifs de la coalition, assorti d’un échéancier sur notre présence en Afghanistan.

Notre demande ayant fait l’objet d’une fin de non recevoir de la part du Président de la république et du Gouvernement, j’ai, comme mes collègues députés socialistes, voté, contre la prolongation de l’intervention des forcées armées en Afghanistan.

C’était le 22 septembre dernier.
Le 5 octobre suivant, le Général Mark Carleton-Smith, patron des 7 500 soldats britanniques engagés sur place déclarait au « Sunday Times », journal de Londres «  Nous n’allons pas gagner cette guerre  »€¦ses propos faisaient suite à ceux de l’Ambassadeur Anglais à KABOUL qui le 1er septembre jugeait que « l a stratégie américaine est vouée à l’échec..le renforcement des moyens militaires nous désigne encore plus clairement comme force d’occupation  ».

Ces propos me paraissent bien caractériser et concerner l’ensemble des troupes européennes sur place.