En séance publique, Marietta KARAMANLI demande au gouvernement un vrai programme pour lutter contre le chômage et la précarité des jeunes

dimanche 28 février 2010

Le 16 février dernier à l’occasion des questions au gouvernement, j’ai demandé, au nom du groupe des députés socialistes, radicaux et citoyens, au gouvernement des mesures pour lutter contre le chômage des jeunes qui touche un demi-million de jeunes de moins de 25 ans et la pauvreté qui les menace ( 45 % des pauvres ont moins de 25 ans). Dans sa réponse, le secrétaire d’Etat à l’emploi s’est contenté d’énoncer des mesures qui ne touchent qu’une minorité de jeunes (RSA) ou qui se sont déjà révélées limitées ou inefficaces (bourses ou encore dispositifs en faveur des quartiers difficiles). J’ai déjà proposé dans une question écrite puis une question orale, valant en quelque sorte interpellation du gouvernement, des mesures d’ampleur en demandant la réorientation des dépenses publiques en ce sens ( bouclier fiscal et baisse de la TVA dans la restauration par exemple) !

Assemblée nationale, XIIIe législature, Session ordinaire de 2009-2010

Compte rendu intégral

Deuxième séance du mardi 16 février 2010

Précarité des jeunes

M. le président.

La parole est à Mme Marietta Karamanli, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

Mme Marietta Karamanli.

Monsieur le Premier ministre, les jeunes sont les premières victimes de la hausse du chômage et des inégalités.
Le chômage des moins de vingt-cinq ans touche un demi-million de jeunes, après avoir bondi de 20 % en un an. Les jeunes sont également les premiers frappés par la crise : derniers arrivés, ils sont aussi les premiers sortis. Et je ne parle pas des jeunes des quartiers populaires qui, eux, ont près de deux fois plus de difficultés que les autres à accéder à un emploi stable.
Les inégalités se creusent : un logement trop petit pour un jeune sur trois, découverts bancaires pour un sur cinq ; aujourd’hui, 45 % des pauvres ont moins de vingt-cinq ans.
Vous allez nous répondre : RSA jeunes €“ mais il ne touche qu’une minorité de jeunes, ceux ayant déjà travaillé deux ans dans les dernières trois années. Vous allez nous parler des 135 millions d’euros consacrés aux jeunes en difficulté dans le budget 2010, somme dérisoire à côté des milliards redonnés aux plus riches au travers du paquet fiscal et du bouclier fiscal.
La promesse du candidat Sarkozy en 2007 de proposer à chaque jeune une formation débouchant sur un emploi s’est évanouie dans le brouillard des annonces sans résultats.
Si les banques, et surtout leurs clients, valaient bien un plan, la jeunesse de notre pays vaut bien un programme volontariste à la hauteur des ambitions que nous devons avoir pour que les jeunes ne vivent pas moins bien que leurs aînés.
La politique du Gouvernement consiste depuis deux ans à annoncer des plans. Monsieur le Premier ministre, ma question est simple : y aura-t-il un vrai programme, avec des moyens réels pour lutter contre le chômage et la précarité des jeunes ?

(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

M. le président.

La parole est à M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi.

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi.

Nous travaillons d’arrache-pied sur l’insertion professionnelle des jeunes, avec les partenaires sociaux, avec Martin Hirsch, avec Fadela Amara, avec Xavier Darcos, avec Luc Chatel €“ tous ensemble.
Je vais essayer de vous expliquer les mesures qui ont été adoptées, mais surtout €“ c’est ce qui vous intéresse €“ les résultats. Et nous allons parler ensemble de résultats.

Parlons d’abord du RSA jeunes : vous y étiez vous-même favorable. C’est la première fois que nous mettons en place un dispositif sans discrimination en fonction de l’âge, un dispositif simple : que vous ayez plus ou moins de vingt-cinq ans, vous avez les mêmes droits si vous êtes dans la même situation.

Avec Valérie Pécresse, nous nous sommes battus pour faire en sorte que les bourses qui financent les études soient améliorées.

Avec Fadela Amara, nous avons renforcé les dispositifs en faveur des quartiers difficiles. Pour la première fois €“ voilà un résultat €“, le taux de chômage des jeunes des quartiers difficiles n’a pas augmenté pendant une crise ; il a même reculé. (Exclamations sur de nombreux bancs des groupes SRC et GDR.)

Mme Marie-Hélène Amiable et M. Marcel Rogemont. C’est faux !

M. Jean Glavany. C’est dans vos rêves !

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État.

Nous nous sommes battus en matière d’apprentissage. Au début de l’année, l’apprentissage était en recul de 20 %. Avec l’aide des chambres de commerce et d’industrie, avec l’aide des commerçants et artisans, nous avons pu redresser la barre et l’année s’est achevée sur une hausse de 3 %. Voilà encore un résultat !

M. Philippe Plisson. Tout va bien, alors, on nage dans le bonheur !

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État.

Voilà enfin un autre résultat : l’année s’était ouverte, vous avez raison, sur une hausse très inquiétante du chômage des jeunes. Depuis juin, mois après mois, nous avons fait reculer le taux de chômage des jeunes.
Je ne vous dis pas que ces résultats sont rassurants. Il reste encore tout un travail à faire. Mais les premiers résultats sont là. Hier, nous avions autour de la table des partenaires sociaux responsables pour discuter des retraites : l’emploi des jeunes ne doit pas non plus être un terrain de jeu pour la politicaillerie.

(Protestations sur les bancs du groupe SRC.)

En matière d’emploi comme de retraite, nos compatriotesj ugeront ceux qui sont au rendez-vous de l’intérêt général !

(Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC. €” Protestations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)