"Ma lettre à Arnaud MONTEBOURG sur la situation de la filière automobile au Mans et en Sarthe" par Marietta KARAMANLI

samedi 26 janvier 2013

Le 18 janvier j’ai écrit à Arnaud MONTEBOURG pour lui part des inquiétudes et interrogations nées de l’annonce faite par le groupe Renault-Nissan de la suppression de plusieurs milliers de postes dans la filière automobile et de l’avenir de celle-ci dans notre ville et notre département.
J’ai renouvelé mes demandes de mesures structurelles :
- aides bénéficiant aux sous-traitants,
- meilleur accès au crédit des MPE-PMI,
- développement d’une ï¬ lière de déconstruction/recyclage dans ce secteur et de plates-formes de recherches communes pour la mise au point de voitures propres ?
J’ai suggéré aussi d’avoir une réflexion pour ancrer l’emploi en valorisant les compétences humaines et industrielles par la spécialisation autour d’un secteur ou leur redéploiement dans d’autres secteurs.
J’ai demandé au ministre ce que l’Etat entendait faire pour répondre aux défis industriel et commercial auxquels est confrontée la filière automobile.

Ma lettre à Arnaud MONTEBOURG, ministre du redressement productif

Monsieur Arnaud MONTEBOURG
Ministre du Redressement productif
139, rue de Bercy
3e étage
75572 Paris

Monsieur le Ministre,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de l’emploi dans le secteur automobile du département de la Sarthe.
L’entreprise Renault a annoncé la suppression de 7 500 postes en France d’ici à 2016, sa production ayant chuté de 18% en Europe et progresser de 9,1% dans le reste du monde.
Certes l’entreprise n’a pas annoncé de licenciements et de fermeture d’usine et la direction générale de Renault se serait engagée à produire des voitures Nissan dans les usines Renault en France.
Néanmoins la situation inquiète l’ensemble des salariés de Renault et des sous-traitants de la filière automobile du Mans et du département.
Depuis 2004, de façon globale, les effectifs liés à la production automobile ont chuté en France de 20%
.
En 2012 les immatriculations de voitures neuves sont tombées à leur plus bas niveau depuis 1995 au sein de l’Union européenne (avec 12,05 millions de véhicules).
En France, l’emploi lié à l’automobile représenterait environs 5 % des effectifs salariés dont la moitié chez les constructeurs et les équipementiers.
Au plan national, je pense que des mesures doivent être amplifiées :  :
- aides aux grands constructeurs bénéï¬ ciant directement aux sous-traitants,
- meilleur accès au crédit des PME- PMI, respect des normes sociales et environnementales pour les importations,
- développement d’une ï¬ lière de déconstruction/recyclage dans ce secteur et de plates-formes de recherches communes pour la mise au point de voitures propres.
Par ailleurs je crois nécessaire que soient envisagées des mesures prospectives et opérationnelles visant à utiliser au mieux les compétences industrielles automobiles.
Il s’agit là d’ancrer (et non seulement de localiser des emplois industriels)
- soit selon une logique de spécialisation (entreprises et collectivités s’organisent autour d’un secteur)
- soit selon une logique de spécification (utilisation des savoir-faire avec valorisation de leur redéploiement dans d’autres secteurs).
Je souhaite connaître les mesures concrètes d’appui à la filière automobile en Sarthe, et selon quel calendrier, que l’Etat entend initier aux côtés des producteurs et sous-traitants pour répondre aux défis industriel et commercial auxquels le secteur est aujourd’hui confronté.
Espérant votre attention bienveillante, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de mes salutations les meilleures.*

Marietta KARAMANLI