Marietta KARAMANLI à l’écoute des jeunes des quartiers Sud du Mans « Face aux difficultés et aux discriminations à l’embauche, il faut orienter les aides vers les personnes, leur qualification et leur insertion durable »

lundi 18 janvier 2010

Le 15 décembre 2009, à l’occasion d’une nouvelle rencontre de proximité, j’ai échangé avec des jeunes, âgés de 20 à 27 ans, des quartiers Sud du Mans afin d’évoquer avec eux leurs projets, mais aussi mon action comme députée et maire-adjointe et ce qui devraient être nos priorités, en quelque sorte, communes. Le sentiment chez un grand nombre d’entre eux est d’être bloqué dans leurs projets. Cela concerne notamment leurs projets professionnels : la raison en est à la fois économique mais aussi sociale. Ils ont le sentiment de ne pas être reconnus et d’être victimes de discriminations à l’embauche. L’utilisation des CV anonymes a été évoquée. Elle peut être un élément de solution mais pas la solution à un problème vécu par un très grand nombre. J’ai évoqué des mesures économiques concrètes qui pourraient être prises : aides attachées aux personnes embauchées habitant dans les quartiers et non plus aux entreprises, affectation de crédits à hauteur de la baisse de la TVA dans la restauration (3 milliards ‚¬) pour créer des emplois qui servent de tremplin aux jeunes, réallocation de moyens pour créer des emplois qualifiés liés à la recherche etc€¦De façon plus générale, la question de l’emploi des jeunes et une meilleure lutte contre les discriminations dont un grand nombre souffre, du fait de leurs origines, doivent être des priorités des pouvoirs publics. J’entends bien défendre des mesures qui répondent à leurs besoins et leur permettent de donner vie à leurs projets.

L’absence de reconnaissance d’une jeunesse dynamique et de jeunes ayant des projets notamment professionnels

Les jeunes ont le sentiment qu’ «  il y a toujours un moment où leurs projets sont bloqués.  » La discrimination est un problème majeur qui freine leurs initiatives. Ils regrettent l’absence de quota s’appliquant au niveau des embauches.
Face à cette discrimination, qu’elle soit réelle ou ressentie, j’estime qu’au delà des sanctions qui peuvent s’appliquer (ce qui est difficile car il faut rapporter la preuve d’une discrimination), la solution du CV anonyme peut apparaître ponctuellement utile si les entreprises, plus particulièrement celles qui sont implantées dans les zones franches, jouent pas le jeu.

Une politique économique de l’Etat que je trouve inadaptée et injuste

Une orientation consisterait pour l’Etat à verser des aides non à l’occasion de l’installation des entreprises, mais lorsqu’elles embauchent réellement des habitants des quartiers concernés.

J’ai par ailleurs regretté que certains dispositifs comme les crédits d’impôts pour les entreprises ayant des activités de recherche ne puissent être réorientés vers l’emploi de jeunes chercheurs.

Je considère aussi que « Le Grand emprunt », dont nous entendons parler devrait profiter à toutes les régions. En l’état l’Ouest de la France n’en profitera pas.

Enfin dernier exemple, la baisse de la TVA dans la restauration devrait coà»ter plus de trois milliards d’euros. Cette somme est perdue pour le budget de l’Etat et n’a pratiquement aucun effet sur les embauches directes dans ce secteur. Ce même montant aurait pu permettre la création de 150 000 emplois réservés aux plus jeunes et être un tremplin vers des embauches longues et une insertion professionnelle réussie.

Des priorités pour des projets convergents

J’ai rappelé que les députés avaient un rôle de contrôle qui pourrait être utilisé pour évaluer sur la politique de l’emploi dans les quartiers populaires.

Certaines mesures ont constitué des effets d’aubaine pour les entreprises, alors qu’il aurait fallu privilégier un véritable plan de développement en faveur de la formation, de la qualification et de l’embauche des jeunes des quartiers.

S’agissant de la discrimination, je souhaite que soit brisé « le plafond de verre » fait de préjugés et d’a priori qui limite l’embauche des jeunes notamment de ceux dont les parents ou grands parents sont venus travailler en France il y a quelques décennies.

Je considère que l’absence d’échanges est de nature à renforcer le « quant à soi » des différentes composantes de la population et à ne pas faire prendre conscience des progrès possibles.

De mon côté, je considère comme indispensable de faire reconnaître que des mesures nouvelles peuvent être prises pour les jeunes des quartiers populaires et entends me battre pour que leurs demandes soient mieux prises en compte par les pouvoirs publics. Je défendrai des mesures qui répondent ainsi à leurs besoins et à leurs projets.