Contournement du Mans par le futur TGV Bretagne, Marietta KARAMANLI s’inquiète des possibles effets du montage financier retenu

vendredi 21 janvier 2011

Réseau ferré de France (RFF) a annoncé mardi avoir retenu le groupe Eiffage pour le financement, la conception, la construction et l’entretien de la future ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays de la Loire qui contournera Le Mans un marché estimé à 3,4 Md‚¬. Le partenariat public privé prévu au terme duquel le groupe du Bâtiment et travaux publics va financer un tiers de l’investissement en contrepartie des loyers que lui paiera RFF et des péages qui lui versera la SNCF pourrait coà»ter plus cher que prévu et les usagers manceaux et sarthois devoir payer plus cher leur billet. Les exemples étrangers de délégation de ce type dans le domaine des transports notamment ferroviaires incitent à la prudence sur le caractère positif de cette délégation !

Réseau ferré de France (RFF) a annoncé mardi avoir retenu le groupe Eiffage pour le financement, la conception, la construction et l’entretien de la future ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays de la Loire, un marché estimé à 3,4 Md‚¬.

Dans le montage retenu, EIFFAGE va financer un tiers du projet de 3,4 Mds ‚¬ et en contrepartie va percevoir
-  Les loyers que RFF gestionnaires des infrastructures lui paiera pendant 25 ans
-  Les péages qui lui versera la SCNF et ce pendant aussi 25 ans.

Trois observations

1) Plusieurs exemples et études étrangers (anglais, canadiens et portugais) montrent que les « partenariats public privé » notamment dans le domaine des transports sont beaucoup plus onéreux que des projets équivalents directement financés par la collectivité publique. C’est normal : les partenaires privés demandent en effet à être rétribués avec une plus value.

La Cour des comptes dans un rapport en 2008 notait que ces montages n’offrent d’avantages qu’à court terme et s’avèrent finalement souvent onéreux à moyen et long termes.

Par ailleurs dans le domaine des transports ces « PPP » se sont bien des fois révélés plus « fragiles » nécessitant des renégociations où la collectivité est souvent amenée à réinjecter des fonds. Ce fut le cas Outre Manche pour la ligne à grande vitesse Douvres-Londres !

2) Si dans le cas du prolongement de la ligne LGV et du contournement du Mans l’enveloppe de 3,4 Mds ‚¬ est respectée avant le début des travaux rien ne dit que l’opération restera dans cette enveloppe€¦

3) Enfin ces coà»ts « élevés » seront supportés par tous les voyageurs.

Le prolongement de la ligne LGV existante pourrait conduire à une augmentation importante, et en quelque sorte dissuasive, des tarifs voyageurs pratiqués entre PARIS et LE MANS.

D’ores et déjà les voyageurs qui montent au MANS supportent un coà»t de voyage alourdi par rapport à celui payé par les autres voyageurs qui paient en fonction de la seule distance (et du calendrier).

Les usagers entre LE MANS et PARIS peuvent légitimement craindre qu’en 2017 le tarif pratiqué soit encore alourdi d’une partie des frais d’exploitation servant au financement d’une installation qui ne leur sera d’aucune utilité.

Il faut et il faudra donc rester vigilants !

Marietta KARAMANLI