« Industrie ferroviaire Française, une préoccupation de longue date de Marietta KARAMANLI, un enjeu d’avenir »

samedi 17 septembre 2016

Si l’affaire Alsthom et le maintien d’un des sites d’un des grands constructeurs internationaux dont l’Etat possède une partie du capital, mobilisent salariés, élus et Etat, depuis plusieurs semaines, j’ai, de mon côté, depuis de nombreux mois attiré l’attention du gouvernement en tant qu’animateur possible d’un secteur clef industriel Français sur les enjeux de l’industrie ferroviaire qui sont ceux : 1) de la commande publique interne (Française), de produits nouveaux et innovants et de grande qualité qui répondent aux besoins de nos compatriotes et puissent s’exporter, 2) de l’organisation d’une filière européenne, avec la consolidation d’un réseau national, régional et européen, enfin 3) de l’accompagnement d’une recherche –développement dans le domaine des transports. C’était l’objet d’une question écrite parue au Journal Officiel le 27 janvier 2015.
Le ministre en charge des transports vient d’y apporter une réponse circonstanciée en juin 2016 au même Journal Officiel. Il rappelle que cette industrie représente 4 milliards € et que l’industrie Française réalise 70 % de son chiffre d’affaires sur son marché intérieur pour 2,8 G€, et exporte pour 1,2 G€. La filière bénéficie d’une croissance du marché mondial de 2,8 % par an attendue sur les six prochaines années. Néanmoins des difficultés sont attendues pour la période 2017 à 2019. Un comité stratégique de filière (réunissant les principaux acteurs), tenu en juillet 2015, a donnée trois axes de réponse : 1) soutenir moyen et long terme des perspectives de commandes significatives avec des commandes s’élevant à environ 10 milliards € et bien évidemment le développement de marchés à l’étranger notamment au Maghreb ; 2) faire adopter par l’Union Européenne une stratégie cohérente et ambitieuse en faveur de l’industrie ferroviaire, confrontée à une concurrence mondialisée, cette orientation a mûri avec l’adoption d’une résolution tendant entre autres au développement de pôles d’entreprises et de technologies spécialisées sur un même territoire (clusters) ou encore du respect par les Etats membres du principe de réciprocité dans l’accès aux marchés publics et dans les accords commerciaux conclus par l’Union européenne ; 3) soutenir la recherche au travers notamment de l’institut de recherche technologique Railenium, outil structurant de la R&D de la filière ferroviaire, qui bénéficie d’un soutien du Programme des investissements d’avenir (PIA) à hauteur de 80 M€, d’appels projets de recherche et d’investissements propres de l’Etat à hauteur de plus 120 millions €.
Ce sujet comme je l’affirme depuis plusieurs années (notamment 2011) nécessite une réflexion, des moyens et un suivi. Les élus doivent être mobilisés pour en suivre la continuité logique et dans le temps. Je le dis et le fais.

Ma question au ministre

Question écrite n° 73168 de Mme Marietta Karamanli, publiée le 27 janvier 2015
Rubrique :transports ferroviaires / matériel roulant / commandes. baisse. industrie ferroviaire. conséquences

Mme Marietta Karamanli attire l’attention de M. le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique sur la situation de l’activité et de l’emploi dans le secteur de l’industrie ferroviaire. Plusieurs articles récents ainsi que les déclarations de responsables du secteur mettent en évidence une inquiétude quant à l’évolution de l’activité et de l’emploi.
- D’une part, des commandes prévues venant des métropoles et des régions ne seraient pas finalisées ni réalisées.
- D’autre part, les exportations liées aux ventes à l’étranger seraient conditionnées par la réalisation sur place des équipements. Comme la députée l’avait indiqué lors d’un précédent débat à l’Assemblée nationale (décembre 2011), c’est en répondant aux besoins des usagers au plus près que l’industrie pourra mettre au point des matériels innovants, performants et exportables.
Au plan national, il y a un triple défi :
1) préparer les nouveaux modes de transports ferroviaires qui aideront au maillage de notre tissu industriel et serviront de vitrine à notre savoir-faire ;
2) définir au niveau européen une filière ferroviaire capable, comme dans le secteur aéronautique, de concurrencer les grands constructeurs étrangers, ce qui suppose la mise en œuvre parallèle de nouveaux travaux de consolidation des lignes transeuropéennes, nationales et régionale ;
3) mettre en œuvre une politique de recherche-développement forte dans ce domaine. Elle souhaite connaître les initiatives de l’État en vue d’assurer la pérennité et le développement d’une activité industrielle ferroviaire qui reste un secteur à bien des égards d’excellence.

La réponse du secrétaire d’Etat chargé des transports

, réponse publiée le 14 juin 2016

L’industrie ferroviaire se classe au troisième rang mondial derrière la Chine et l’Allemagne, avec 4 G€ de chiffre d’affaires (2014) et 21 000 emplois directs et 84 000 emplois induits. Elle réalise 70 % de son CA sur son marché intérieur pour 2,8 G€, et exporte pour 1,2 G€. La filière bénéficie d’une croissance du marché mondial de 2,8 % par an attendue sur les six prochaines années. Cependant le marché européen est devenu mature : la filière française va rencontrer un creux très important dans la période 2017 à 2019, qui menace 10 000 emplois selon la FIF. Le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique et le secrétaire d’état en charge des transports, de la mer et de la pêche ont réuni le comité stratégique de la filière ferroviaire le 20 juillet 2015 pour faire le point sur cette situation difficile avec l’ensemble des acteurs de la filière ferroviaire à commencer par la FIF, les industriels, les acteurs de l’ingénierie mais aussi les grands opérateurs tels que SNCF mobilités ou la RATP ; Face à ce constat, le gouvernement s’est mis en ordre de bataille pour soutenir la filière française, et agit selon les axes des « trois défis ».
En ce qui concerne le « premier défi », il existe à moyen et long terme des perspectives de commandes significatives, notamment dans le cadre du Grand Paris, que la puissance publique s’attache à concrétiser rapidement pour soutenir la filière. Les réalisations prévues constitueront une véritable vitrine à l’export pour le savoir-faire de l’industrie française tout en apportant de la charge aux sites industriels nationaux. Ainsi, un marché de 2 Mds€ a été attribué récemment à Alstom pour la livraison de rames de métro pneu (MP 14) ; les appels d’offres lancés du RER NG (Eole, RER D) et Métros du Grand Paris (lignes 15, 16, 17) représentent 5 G€ et 1,5 G€ respectivement (soit 4 000 et 1 500 emplois pendant une dizaine d’années) ; le gouvernement prévoit également le remplacement d’ici 2025 des trains Corail des lignes TET structurantes, pour un montant de 1,5 G€. Sans attendre, ce sont déjà 34 rames Régiolis qui ont été commandées en septembre 2013 à Alstom pour un montant de 510 M€ et dont les premières ont été livrées fin 2015 ; une trentaine d’autres unités seront également commandées auprès d’Alstom prochainement, comme l’a annoncé Alain Vidalies le 19 février dernier ; le projet de TGV du futur, pour lequel la SNCF a lancé en juillet 2015 un partenariat pour l’innovation, se caractérisera par une réduction de la consommation électrique et un coût à la place diminué. Ce marché constitue pour le futur lauréat une opportunité de concevoir et de réaliser un démonstrateur de la sa maîtrise industrielle. Il convient de rappeler qu’en complément de ces actions sur le territoire national, le gouvernement s’emploie également à accompagner le déploiement des acteurs de la filière française sur les marchés d’exportation : 1,5 G€ de prêts RPE (Réserve Pays Émergents) ont été accordés au total par l’Etat dans les deux dernières années pour les projets ferroviaires français à l’étranger. La filière ferroviaire a représenté à elle seule le tiers de l’ensemble des dossiers soutenus. A titre d’exemple, la vente de 14 rames à grande vitesse au Maroc, soutenue par l’Etat par un prêt de 350 M€ dans le cadre de la RPE fin 2012 représente 120 000 heures de travail au site d’Alstom de Belfort.
Le « deuxième défi » appelle une réponse européenne. La France a fortement soutenu l’adoption par la commission industrie (ITRE) du Parlement européen d’une résolution écrite relative à la compétitivité du secteur européen de l’équipement ferroviaire. La Commission européenne est ainsi appelée à adopter une stratégie cohérente et ambitieuse en faveur de l’industrie ferroviaire, confrontée à une concurrence mondialisée. Le Parlement appelle notamment des efforts de soutien à la recherche et l’innovation, l’unification du marché grâce à l’adoption du pilier technique du 4ème paquet ferroviaire, l’organisation en clusters des pôles de compétitivité européens. La résolution met également l’accent sur le respect du principe de réciprocité dans l’accès aux marchés publics et dans les accords commerciaux conclus par l’Union européenne.
Concernant enfin le « troisième défi » évoqué, le gouvernement soutient l’innovation et investit pour l’avenir. L’institut de recherche technologique Railenium, outil structurant de la R&D de la filière ferroviaire, bénéficie d’un soutien du Programme des investissements d’avenir (PIA) à hauteur de 80 M€. Avec le pôle de compétitivité i-Trans, Railenium définit aujourd’hui une feuille de route technologique pour l’ensemble de la filière, au service aussi bien des industriels que des opérateurs. Le gouvernement a également lancé en 2015 l’appel à projets « Transports ferroviaires » opéré par l’Ademe, doté de 50 M€ par les investissements d’avenir, pour soutenir les projets de R&D ferroviaires. En complément de ce guichet, le concours « Initiatives PME transport », qui s’appuie aussi sur les investissements d’avenir, déjà permis en 2015 d’aider 7 PME innovantes dans le domaine du ferroviaire, à hauteur de 200 000 € de subvention chacune. Enfin, l’Etat intervient en tant qu’investisseur avisé, à hauteur de 127 M€, dans le développement des technologies du TGV du futur pour son marché national aussi bien que pour l’export. Cet engagement a été concrétisé en décembre 2015 avec la signature de la création de Speedinnov, Joint-Venture entre Alstom et l’ADEME.

Ma question et la réponse du ministre sur le site de l’Assemblée Nationale

http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-73168QE.htm

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