« Promouvoir une université de proximité, de qualité et d’innovation : ma demande au secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche » par Marietta KARAMANLI

Donner toute sa place à un établissement d’enseignement supérieur et de recherche comme l’université du Maine

jeudi 12 novembre 2015

Il y a quelques semaines, j’ai écrit au secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche pour appeler son attention sur la nécessité d’une action forte, durable et innovante en faveur des petites et moyennes universités dont fait partie l’université du Maine.
En effet si le prochain contrat de projets Etat-Région (CPER) prévoit entre 2015 et 2020, 28 millions € en investissements nouveaux pour l’université du Maine (9, 6 million € venant des collectivités territoriales, Région et le Mans Métropole, apportant 4,8 million € chacune, le département participant à hauteur de 2,1 million € et le reste venant de l’Etat) , il convient, selon moi, d’assurer un nouveau soutien à la recherche et à la formation innovante parallèlement à cet effort.

Comme je l’écris « concernant les universités de petite et moyenne tailles et pluridisciplinaires, elles se sont inscrites dans le mouvement de coopération de site. Ainsi l’université du Maine est devenue membre de la COMUE Bretagne –Loire. Néanmoins leur avenir reste incertain, non au regard de leurs missions (formation et recherche) qu’elles assument pleinement et du nombre croissant de jeunes devant se tourner vers l’université, mais du fait qu’aujourd’hui le développement des moyens se fait au travers de l’attribution de crédits au titre de dispositifs d’excellence pour lesquels des ensembles d’établissements ayant déjà une taille critique et ayant organisé leur rapprochement matériel, organisationnel ou disposant de ressources importantes dans la domaine de la recherche sont en avance sur les autres. Au final existe un risque de creusement des inégalités et des opportunités entre établissements. »
Cette question recoupe celle des moyens alloués au titre de ce qu’on appelle les projets d’investissement d’avenir ou PIA. Il s’agit d’investissements innovants et prometteurs sur le territoire, avec un principe de co-financement pour chaque projet. D’ores et déjà 47 milliards € ont été mobilisés en deux temps, en 2010, 35 Md€ ont été dédiés à la première vague (PIA1) ; en 2014, le PIA a été renforcé et s’est vu allouer une enveloppe complémentaire de 12 Md€ (PIA2). Ils sont financés pour l’essentiel par les intérêts produits par des dotations en capital qui leur est dédiée. L’attribution de moyens aux établissements pour une période donnée se fait sur la base d’appels à projet et d’une sélection par des jurys.
J’ai suggéré au ministre que l’Etat impulse un nouveau financement dans le cadre de ce qu’on annonce comme une possible PIA « 3 ».
Je propose en faveur de toutes les universités « de diversifier les objectifs du PIA en ayant un fort niveau d’exigence dans des domaines comme le développement de la pédagogie, faisant valoir choix innovants (par exemple en matière de transition numérique) dans le domaine des formations et de la réussite des étudiants et / ou « mixant » audacieusement les différents enjeux. »
Comme je l’indique « Il ne s’agit pas d’abaisser le niveau mais de fixer des objectifs complémentaires, garants d’un haut niveau d’implication des établissements et des enseignants chercheurs, de créer de la motivation et d’accompagner des laboratoires créateurs de découvertes et de ressources sur l’ensemble du territoire Français ».
En faisant cette suggestion, j’entends mobiliser élus et responsables sur la poursuite de financements nouveaux dédiés à la formation, à la recherche scientifique et à l’innovation, et modifier les règles pour que l’ensemble des universités soient encouragées et participent, en réseaux avec les autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche, à ce qui fera la richesse de nos territoires, à savoir les connaissances, l’évolution nouvelle de la production et nos emplois.
Comme toute œuvre dans le temps, il convient d’être mobilisé aux côtés des acteurs, ici enseignants chercheurs, étudiants, entreprises et responsables économiques.
Je l’étais et continue de l’être.
Marietta KARAMANLI