Marietta KARAMANLI

Députée de la SARTHE, 2ème circonscription, "Avec vous et pour vous"

Marietta KARAMANLI sur la Chaîne de télévision LCP « Laïcité, les français sont attachés à ne pas mélanger les choses ; réforme du ferroviaire : le service public c’est l’égalité, la continuité et l’adaptabilité, pas l’abandon ; interventions policières : garantir une juste proportionnalité entre les moyens et les enjeux »

jeudi 12 avril 2018

Mercredi 11 février 2018 Marietta KARAMANLI était l’invitée de la chaîne parlementaire LCP pour commenter l’actualité et les questions du même nom lors de la séance qui leur était consacrée hier à l’Assemblée Nationale. Cette émission prolonge tous les mardis et mercredi, de 16h à 16h30, Lla séance des Questions au gouvernement en invitant deux députés pour analyser les échanges intervenus dans l’hémicycle.

Trois ont sujets abordés : la laïcité ; la réforme de la SNCF et la fermeté policière dans les universités et les aéroports

La laïcité

Il s’agit là du débat ouvert par le Président de la République après qu’il ait évoqué la nécessité d’un nouveau lien entre l’Etat et l’Eglise catholique.

Maurice Hauriou un des grands professeurs de droit Français (1856 -1929) distinguait la Constitution politique et la constitution sociale.

La première fixe les règles l’organisation du pouvoir, la seconde dessine les principes essentiels régissant l’ordre social, singulièrement quant aux droits et libertés du citoyen.

Le Président a, je pense, livré sa pensée quant à sa conception de la religion qui doit s’engager.

Ce n’est pas une conception que partage une majorité de Français qui pense que la laïcité garantit la liberté de culte mais préserve l’espace public d’une influence et de la volonté d’une église de faire prévaloir ses vues.

De nombreux français sont attachés à ne pas mélanger les choses.

On ne peut pas faire valoir un point de vue religieux institutionnel…les chrétiens, les musulmans, juifs et autres agissent comme citoyens avec leurs convictions c’est bien autre chose de faire valoir le point de vue d’une institution et d’un culte comme tels…

Je m’en tiendrai à ce que dit l’article 1 de la Constitution qui « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

Ce qui est ennuyeux c’est que le gardien de la Constitution au moins sur le papier semble contrevenir à cet esprit qui réunit les Français pour en séduire ou en parler à une partie

Je le regrette…moi qui vient d’un pays où il y a un culte dominant…je ne vois pas l’intérêt de ce qui est inquiète et interroge.

La réforme de la SNCF

Elle suscite d’une double réaction d’une part sur la forme, d’autre part sur le fond

D’une part la méthode et la forme

Au parlement, la méthode choisie par le gouvernement, du recours aux ordonnances au mépris du travail parlementaire.

Le texte est une « transposition ultralibérale » du pacte ferroviaire européen.

Rien dans l’ensemble des textes européens ne demande l’extinction du statut des cheminots

Pas plus qu’ils n’exigent de transformer le statut de la SNCF en société anonyme.

L’ouverture à la concurrence ça n’équivaut pas à la position de dire ( ce que dit le gouvernement) que ce sont les régions qui feront leur affaire des lignes déficitaires d’autant que certaines lignes sont d’intérêt national…le service public c’est aussi l’égalité, la continuité et l’adaptabilité, pas le renoncement..

D’autre part sur le fond

La dette et l’activité

Il y a une dette de 50 Mds ce n’est pas le statut des cheminots qui l’explique mais la réalisation de nombreuses lignes à grande vitesse, y compris par le recours à des partenariats publics privés qui coûtent plus cher en général et des choix stratégiques qui devaient être contestables…moi je les ai contestés dans ma région…Je note qu’en Allemagne l’Etat a repris la dette de 35 Mds € de l’opérateur historique…ca change la donne

Il y a le fait que des investissements n’ont pas été faits… je note que l’actuelle ministre des transports a été pendant plusieurs années directrice de la stratégie…là encore on n’a pas d’évaluation réelle sauf un rapport Spinetta qui disait en susbtsance qu’il fallait abandonner des milliers de kilomètres de lignes de chemin de fer de proximité…

Il y a aussi une insuffisance de prise en compte des usagers au quotidien…l’ouverture à la concurrence ne devrait pas favoriser la reprise des lignes mal entretenues, mal calibrées et déficitaires par le privé…quels consortium reprendra ce qui ne marche pas…

Sur les contre pouvoirs

Je note aussi que le projet veut diminuer les pouvoirs des régulateurs là comme ailleurs.

Le projet de loi a prévu en effet la suppression du droit de veto de l’ARAFER (le régulateur) unique garantie contre une inflation des tarifs.

L’Arafer a en effet régulièrement annulé les tarifs des péages proposés par SNCF réseau, la branche de la SNCF qui gère les infrastructures.

Mon appréciation est que là aussi l’exécutif n’est pas dans une faut une culture du compromis ; en fait si avec les forts…l’exécutif a tendant à faire le fort avec les faibles…

Le dernier point portait sur l’intervention des forces de police dans les universités et sur le site de Notre Dame des Landes

Il s’agit de préserver l’équilibre parfois difficile à trouver entre la sécurité et la liberté syndicale et le droit de grève, ou encore de manifestation.

Il doit y avoir une juste proportionnalité entre les moyens et les enjeux. En tout état de cause il y a nécessité de créer des espaces de conciliation et de négociation sur les débats au fond.

C’est probablement quelque chose qui manque actuellement sur un grand nombre de sujets qui doivent être traités dans le respect et le non mépris des autres.

Si le pouvoir dit d’emblée qu’ « il y a rien discuter  » cela fait monter, si j’ose dire, les enjeux et les plus extrémistes en profitent.

Je crois que les situations ponctuelles ne doivent pas cacher le sens des responsabilités d’une majorité de nos concitoyens qui font grève, manifestent et s’opposent dans des formes responsables.

A l’inverse les autorités politiques ne doivent pas l’impression qu’ils ont raison sans discuter…Il doit y avoir de l’autorité mais aussi bien du discernement…

http://www.lcp.fr/emissions/questions-dactualite-le-debrief/287636-questions-dactualite-le-debrief